JNE TLA - Table Ronde 3

Journée Nationale d'échanges et de formation par Médialis. Table ronde "Les bailleurs sociaux : un atout majeur dans les stratégies d'adaptation de l'habitat au vieillissement"
De gauche de droite, Pascal Aveline, Magali Vallet, Marc Padiolleau, Christiane Flouquet

 

"Les bailleurs sociaux : un atout majeur dans les stratégies d'adaptation de l'habitat au vieillissement"

 

Pascal AVELINE, Directeur Général de l’Office Public de l’Habitat de la Vienne

 

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Son parcours

 

Directeur Général au sein d’Habitat de la Vienne depuis 2014 mais auparavant DAF, Directeur de la Maîtrise d’Ouvrage et de la Rénovation Urbaine et DGA en charge des ressources depuis 2008.
Avant HDLV, il était Directeur financier dans un organisme du 1% patronal (CILOVA) et PDG d’un réseau d’Agences Immobilières dans l’Oise. Mais il est aussi passé par une SEM de la Ville de Paris ainsi qu’une ESH sur Chartres sur des fonctions aussi financières.
L'Office compte près de 11 700 logements et équivalents sur le département de la Vienne et représente le plus gros office sur l’ancienne région Poitou-Charentes. Il produit 150 à 200 logements par an et est en cours de constitution d'une société de construction avec les deux offices départementaux des Charentes. L'Office est propriétaire de pas moins de 40 résidences sociales et médico-sociales dont près d’une trentaine d’EHPAD et EHPA.

 

Son intervention

 

Thème : la problématique du maintien de l’autonomie des personnes âgées au sein du logement social et le label HSS :

Il n’est plus utile de rappeler que la population française vieillie, les médias en parlent déjà depuis longtemps. Il n’est peut-être par contre pas inutile de rappeler que la part des seniors dans le parc social français progresse plus vite encore

Un phénomène dû notamment à des raisons économiques (baisse des retraites), d’inadéquation du marché immobilier avec les ressources des seniors et d’une offre nouvelle mise en service par certains bailleurs sociaux qui captent cette clientèle. Plus de 30 % des titulaires de baux dans le parc social en France sont aujourd’hui âgés de 60 ans et plus (32,2 % pour l’Habitat de la Vienne (HDLV)) – Chiffres de la dernière enquête OPS. Ce chiffre ne cesse d’augmenter depuis des années et devrait encore progresser, d’autant que les locataires aujourd’hui âgés de 50 à 59 ans sont également nombreux (20%) et devraient pour une grande majorité rester et donc vieillir dans le parc social.

Le vieillissement des locataires n’est pas un problème en soi, mais c’est un sujet qui doit être embrassé largement par les bailleurs sociaux. C’est une question qui doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale. Mais, au-delà de l’indispensable aspect technique de la question et de l’adaptation des logements au vieillissement, les bailleurs sociaux doivent faire évoluer leurs pratiques et leurs organisations pour favoriser l’émergence de services permettant à leurs locataires de vieillir chez eux dans de bonnes conditions.

Pour y parvenir, HDLV a décidé de mettre en oeuvre la démarche Habitat Senior services® portée par l’association DELPHIS. Son objectif est de favoriser le bien vieillir à domicile des personnes autonomes vivant dans le parc social. La démarche, créée en 2005, est basée sur un référentiel et des cahiers des charges détaillés. Sa mise en oeuvre est évaluée chez les bailleurs tous les 3 ans par un organisme certificateur indépendant (AFNOR ou SGS).

Ce label participe pleinement à la politique de prévention de la dépendance lancée par les pouvoirs publics en proposant des logements accessibles et adaptés, ainsi que des services spécifiques pour les seniors.

HDLV a été labellisé en juin 2016 et a obtenu la plus haute distinction (mention Excellence) suite à un audit externe réalisé par le cabinet de certification SGS, devenant ainsi le premier OPH à atteindre ce niveau en France.

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Magali VALLET, Conseillère en politiques sociales, Union Sociale pour l’Habitat

 

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Son parcours

 

Diplômée de l’Université Paris IV Sorbonne et de l’Université Denis Diderot Paris VII en aménagement, animation et développement local.
Après une expérience de 7 ans en qualité de chargée de mission Insertion logement et coordonnateur du plan départemental pour le logement des plus démunis du département des Yvelines, Magali Vallet a rejoint Action Logement pour développer une offre de services en direction des salariés en difficulté de logement et prendre la conduite de la plate-forme Aporia et de l’association Droit de Cité Habitat. En 2011, elle rejoint l’association des organismes Hlm d’Ile-de-France en qualité de responsable politiques sociales et qualité de services. Magali Vallet occupe depuis 2013 les fonctions de conseillère en politiques sociales à l’Union sociale pour l’Habitat et intervient désormais sur les thèmes de l’accompagnement du vieillissement, du handicap, de la gestion de la demande et de la protection des données à caractère personnel.

L’Union sociale pour l’habitat représente, en France métropolitaine et dans les territoires d’Outre-mer, quelque 700 opérateurs Hlm à travers ses cinq fédérations (la Fédération nationale des Offices Publics de l’Habitat, les Entreprises sociales pour l’habitat, la Fédération nationale des Sociétés coopératives d’Hlm (Coop’Hlm), PROCIVIS UES-AP et la Fédération nationale des Associations régionales d’organismes d’habitat social). Elle remplit trois missions : un rôle de représentation nationale auprès des pouvoirs publics, des médias, des milieux professionnels et de l’opinion publique ; une mission de réflexion, d’analyse et d’étude sur tous les dossiers relatifs à l’habitat et l’élaboration de propositions pour une politique sociale de l’habitat ; une fonction d’information, de conseil et d’assistance auprès des organismes Hlm afin de faciliter, rationaliser et développer leurs activités et leurs compétences professionnelles. En 2017, les organismes Hlm ont mis en chantier 87 000 logements neufs et logements-foyers, en ont acquis et amélioré 5 000 et acquis sans travaux 5 500. Ils détiennent et gèrent 4,5 millions de logements locatifs et 0,3 million de logements-foyers et logent environ 10 millions de personnes. Les opérateurs de logement social sont également d’importants acteurs de l’accession sociale à la propriété : 16 500 logements ont été vendus à des accédants, en secteur groupé ou en diffus. Animés par 12 000 administrateurs bénévoles, ils emploient 82 000 salariés.

Son intervention

 

Les bailleurs sociaux HLM font aujourd’hui face à trois enjeux majeurs en vue de répondre au vieillissement actuel et à venir de leur parc social :

  • Un enjeu patrimonial en vue de favoriser le soutien à domicile des locataires âgés, dans des conditions de confort et de sécurité adaptées à une éventuelle perte d’autonomie. Les bailleurs sociaux HLM répondent aujourd’hui à cet enjeu à travers la réalisation de travaux d’adaptation, notamment dans le cadre d’opérations de réhabilitation, le développement de logements adaptés, la promotion de nouvelles formes d’habitats (regroupé ou intergénérationnel) et le soutien d’établissements spécialisés (résidences autonomie et EHPAD).
  • Un enjeu de gestion de proximité afin de favoriser l’accès des locataires âgés à une aide à domicile et à des soins dans un environnement proche. Pour y répondre, les bailleurs sociaux HLM continuent de faire évoluer leurs modes de gestion (avec des référents dédiés), de développer des services adaptés et de former les équipes de proximité pour mieux comprendre les besoins des locataires âgés.
  • Un enjeu partenarial dans la mesure où les bailleurs sociaux ne peuvent agir seuls pour favoriser le soutien à domicile des locataires âgés et doivent co-construire cette réponse avec l’ensemble des parties prenantes. Plusieurs conventions avec des caisses de retraite, des collectivités locales ont été signées en vue de répondre à cette problématique.

 

Marc PADIOLLEAU, Responsable du service handicap et vieillissement, Paris Habitat
&
Christiane FLOUQUET, Directrice de l’Action Sociale CNAV Ile-de-France

 

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Le parcours de Marc Padiolleau

 

Paris Habitat a un patrimoine de 125 000 logements en grande partie à Paris. 30 % de ses locataires ont plus de 65 ans.
La signature avec la Ville de Paris en 2015 et la convention avec la CNAV lui ont permis d'avoir des objectifs ambitieux en matière d’adaptation du parc : à fin 2020, 5% des logements devront être adaptés.
Le partenariat avec la CNAV a permis à Paris Habitat de s'inscrire pleinement dans une démarche de prévention : entrée dans le logement ou lors de grosses réhabilitations avec des ateliers PRIF en cours de déploiement.

 

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Le parcours de Christiane Flouquet

 

La Branche Retraite et notamment la direction de l’action sociale IDF développe une politique de prévention de la perte d’autonomie à destination du public des retraités autonomes.
Il s’agit d’améliorer le cadre de vie et de faciliter l’adaptation au vieillissement, par la mise en oeuvre d’actions de communication préventives, d’ateliers et de travaux.
L’adaptation de cette politique au parc social, initiée en Île-de-France dès 2016, vise à mieux accompagner le vieillissement des locataires grâce à une démarche coordonnée et proactive.

 

Leur intervention

 

La CNAV Île-de-France et Paris Habitat ont signé en avril 2016 la convention « Habitat et cadre de vie » afin de répondre à l’aspiration générale des Français de pouvoir vieillir chez eux. Cette convention a été mise en place en vue de répondre à plusieurs objectifs partagés par la CNAV Île-de-France et les bailleurs sociaux :

  • Accentuer le développement des dispositifs à l’attention des locataires âgés de plus de 65 ans (31% contractants) et de plus de 75 ans (16% des contractants) de Paris Habitat,
  • Approfondir les connaissances autour du public retraité du parc social dans le cadre du suivi et de la prise en compte des besoins des retraités du régime général opéré par la CNAV,
  • Faire bénéficier les retraités du parc social d’une offre globale de services, améliorer la connaissance autour de leurs droits, promouvoir un certain nombre de comportements et de pratiques (en matière d’adaptation du logement notamment) et mettre en oeuvre des actions collectives de prévention de la perte d’autonomie (en lien avec le PRIF notamment),
  • Faire en sorte que l’adaptation du logement ne soit pas stigmatisante et que les logements adaptés demeurent suffisamment agréables pour pouvoir être ensuite réattribués à des familles le cas échéant.

Cette convention, qui touche aussi bien l’aménagement des logements remis en location que l’adaptation de logements dans le cadre d’opérations de réhabilitation, a ainsi permis :

  • D’étendre le dispositif « Kit Access Relocation » mis en place en septembre 2015 par Paris Habitat : ce dispositif a pour objectif d’offrir aux nouveaux locataires de plus de 65 ans des équipements pour adapter leur logement tels qu’une barre d’appui pour WC, une barre de douche, des lampes avec des détecteurs de mouvements, etc.
  • D’étendre les « Kit Access Réhabilitation » dans le cadre d’opérations de réhabilitation des logements de personnes âgées de plus de 65 ans. Ce kit comprend aussi bien l’installation d’interrupteurs avec veilleuse, l’installation de barres d’appui, la motorisation des stores ou la modification des bacs à douche.
  • De développer la mise en place d’ateliers thématiques autour de l’adaptation du logement en vue de sensibiliser les personnes âgées aux problématiques de leur logement, de les informer sur les acteurs locaux référents (associations, centres locaux d’information et de coordination, centres d’action sociales) mais également de créer du lien social.

Grâce à la mise en oeuvre de ce dispositif conventionnel, la Cnav, en lien avec l’Aorif et les 27 bailleurs sociaux signataires en Île-de-France, s’engage dans une démarche de capitalisation et d’évaluation des bonnes pratiques en vue de mieux diffuser la culture de la Prévention.